La Philosophie de l’Empanada

A San Telmo, “estreet of separation” (LOL)

J’avais le choix entre faire un stage chez Ouest France, (grassement) payé, logé, nourri à la cuillère, et partir en volontariat à Buenos Aires pour une revue distribuée par les SDF, ce que là-bas on appelle emphatiquement “las personas en situacion de calle” (lit. “personnes en situation de rue”). “Rhô et puis merde”, me suis-je dit, et j’ai pris mon avion pour l’Argentine.

Buenos Aires est un mélange de Rome et Mexico, avec un peu de Paris, de Madrid, de Bangkok, de Sarajevo et de Gotham City. Sauf que Batman a été remplacé par Mafalda.

Ici rien n’est bien sûr, bien défini, bien dessiné. On ne saurait pas bien démarquer le quartier d’affaires du ghetto. Il faut dire qu’aux immeubles en ruines succèdent les grandes tours ultra-modernes. A San Telmo par exemple :

Ou la Plaza de Mayo, sur laquelle Eva Péron (et Madonna après elle) a demandé aux Argentins de ne pas pleurer pour elle :

Cette ville n’a quasiment pas d’histoire, quasiment pas d’identité. Mais peut-être que c’est ça son identité : le manque absolu d’encrage culturel, l’avalement express de toute communauté étrangère dans un troublant melting-pot où toutes les différences sont aplanies, écrasées, malaxées. Les flux migratoires tour à tour italiens, allemands, sud-américains ou chinois n’ont pas résisté à l’épreuve du temps. L’Argentine, c’est tout et rien à la fois.

Résultat : je ne sais toujours pas si j’aime, ou si je déteste, ou si je m’en fous. C’est drôle comme impression.

Comparons Buenos Aires à Mexico : là-bas on m’aurait bandé les yeux et fait faire douze tours sur moi-même avant de me laisser dans un faubourg en lointaine banlieue, j’aurais quand même su en deux secondes où j’étais. Le Ditricto Federal, la Gran Tenochtitlan, l’ancienne cité aztèque, la ville de la lucha libre, des putes à pommes d’Adam, des autoroutes aériennes et du gigantisme pour les nuls. Voilà, c’est ça Mexico, on le sait, on peut mettre un nom dessus, une définition, une idée. La Ville ne vous ment pas, elle ne se ment pas. Elle vous prend dans ses bras et vous invite à danser, histoire que vous aussi vous preniez un peu part à la fête.

La place centrale de Mexico DF

Là-bas les saveurs succèdent aux odeurs, les squelettes musiciens aux mariachis squelettiques, les distilleries de mezcal aux cantinas… Là-bas ça gueule, ça pue, ça tue, on sait qu’on est à Mexico, nom de Quetzalcoatl !

Retour à Buenos Aires. Ici tout est dégueulasse, peinturluré couvert d’idéogrammes imbitables, comme dans n’importe quelle ville sud-américaine. Pourtant, semble-t-il, la population tend le regard vers Maman Europe. On n’aime pas le bordel, on l’occulte, on en fait comme un accident de parcours, comme si le bordel n’était pas devenu la normalité depuis le temps.

Prenez les bus. Partout ailleurs en Amérique du Sud, les bus sont privés. Les chauffeurs conduisent n’importe comment, doublent quand ils veulent, pratiquent les prix qu’ils veulent, décorent leur bus dans le plus pur style Bollywood/Bucarest, avec des lumières et des paillettes en veux-tu en voilà, mais au moins si tu leur demandes de faire un petit détour pour toi, ils acceptent.

Exemple de bus colombien

C’est comme ça, la Colombie, c’est une société basée sur l’initiative privée, le système D et l’entraide.

Eh ben, en Argentine, les bus sont semi-privés. Pas privés, semi-privés. Comme pour rappeler à tout le monde que le pays a clairement, irrémédiablement, le cul entre deux chaises. En gros, les semi-rapidocomme on les appelle, ont quasiment l’apparence d’un bus colombien, avec les froufrous, les auto-collants de JC et la privatisation qui va avec, mais avec des arrêts prédéfinis, de beaux abribus et un prix fixe. Sauf qu’ils ont beau nous faire croire que c’est bien officiel, bien ordonné, n’empêche que si t’as pas de pièces sonnantes et trébuchantes, t’entres pas : la machine n’accepte pas les billets et le chauffeur n’a pas la monnaie. Bienvenue à schizophren-land.

Mais les aberrations économiques de l’Argentine méritent un chapitre entier. J’y reviendrai  donc incessamment sous peu.

Un Mexicain me disait que la différence entre le Mexique et l’Argentine, c’est qu’au pays de Frida Kahlo, même le plus ignorant des péquenauds connaîtra sur le bout des doigts les tenants et les aboutissants des cultures maya et aztèque. Parce que sa terre a été fondée selon ces entités, elles font partie de lui tout autant, si ce n’est plus, que les racines européennes.

En même temps c’est pas dur, y’a des pyramides Aztèques en plein centre-ville.

Centre-ville de Mexico DF

A Buenos Aires, la culture pré-colombienne n’existe pas, elle n’est pas envisagée comme une des forces de la nation argentine. Pourtant les racines indigènes se lisent sur les visages.

Un terrain de foot tour à tour privatisé, nationalisé, puis privatisé, juste en-dessous d’une autoroute.

Mais ajoutons que le pays est en réelle reconstruction. Il faut lui laisser le temps de digérer sa crise de 2001 et de se trouver, qui sait, une identité comme on les aime en Amérique du Sud. En tout cas moi je serai patient. Allez, Argentine, impressionne-moi !!!

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Cher Christophe Conte, merci de me laisser pisser tranquille

Cher Christophe Conte,

Il y a des jours, comme ça, où l’on préférerait ne pas se lever plutôt que de ressentir une bouffée de bien-être presque dangereuse pour un coeur tachycardique. Je suis de ceux qui haïssent l’humanité, moi, Monsieur (la preuve), je n’apprécie pas qu’on me montre que quelque part, qui sait, il y aurait une once d’espoir.

Once d’espoir que, justement, tu m’as fait entrevoir, Christophe Conte, pas plus tard que ce matin. Tu vois, j’étais peinard, rempli de certitudes, bien établi dans l’idée confortable que l’homme est la quintessence de la fiente d’ornithorynque, une fiente que, mentalement, j’étais encore une fois prêt à piétiner de mes Doc Marten’s taille 44. Pourquoi donc me suis-je rendu sur le site des Inrocks? Que n’allais-je lire des Skyblogs, des tweets, des statuts Facebook pour me fortifier dans l’idée que, oui, le genre humain mérite qu’on défèque à intervalles réguliers sur sa médiocrité? Que voulez-vous, je suis un audacieux.

Donc toi, outrecuidant Christophe Conte, tu viens et tu me piques ma pissotière préférée? Devant mes yeux ébahis, je t’ai vu ce matin uriner joyeusement sur Bernard-Henri Lévy, Mathieu Kassovitz, Dany Boon, Jean Sarkozy (triple jet sur les trois derniers), j’en passe et des meilleurs, et je me suis dit : “Mon Dieu, cet homme partage ma peine”.

Et ça, Christophe Conte, je te le pardonnerai jamais.

Je t’embrasse langoureusement,

Golden Teacher.

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LIVING STUFF : Le radio-cassette-mouche à merde

Le paysage urbain n’est que conformisme, petits phallus et médiocrité, certes. Pourtant, au détour de rues souillées de déjections canines et de réverbères éclairant les infrastructures complexes de leurs lumières sales, on peut trouver des objets qui ressemblent à des créatures. C’est ainsi que, me promenant bénignement sur le parking d’un centre commercial à 3h du matin, j’ai trouvé ce magnifique spécimen de… radio-cassette-mouche à merde!!!

On notera  par ailleurs la tentative d’intimidation qu’a opéré la créature à mon encontre, tentative qui devait être accentuée par le hérissement subreptice de ses antennes en plastique quelques secondes plus tard.

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Voir Istanbul et mourir dans son vomi

Là je rentre de Turquie. La Turquie, je sais pas si tu sais, c’est le pays du génocide arménien qui a peut-être eu lieu, peut-être pas, mais sûrement que si.

De toute façon, les Turcs, on aura beau dire, ils en ont pas grand chose à battre du génocide. Oui parce qu’en Turquie, à part Tarkan, y a le football, la laïcité et Istanbul. Alors elle me fait bien rire la députée Boyer, avec sa loi sur le génocide.

Ce qui m’a tout de suite frappé en arrivant à Iste-en-Boule, c’est l’odeur. Mais ça, ça me le fait à chaque fois. Que j’aille à Bogotá ou Six-Fours-les-Plages, mon truc c’est l’odeur. En l’occurrence une odeur, comment dire, mélangée, entre deux, entre la pisse de chat et le feu de bois. En même temps c’est normal vu le nombre de chats et d’autochtones se chauffant au feu de bois qu’on trouve dans les rues. J’ai rapidement fait le lien.

Deuxième impression : le stambouliote aime pêcher. Où qu’il se trouve, pour peu qu’il ait sur lui une cane à pêche et un point d’eau, il pêche. C’est la raison pour laquelle, sur le pont Galata, qui traverse le Bosphore et relie l’Europe à l’Asie, se pressent pêcheurs, seaux d’asticots, vendeurs de thé, mouettes et canes à pêche. De jour comme de nuit. Tu m’crois pas? Ah ouais? Check donc la vidiow.

Ce que mes yeux physionomistes n’ont pas non plus manqué de noter, c’est qu’à Constantinople, la night, c’est sur les toits que ça se passe. Je m’explique : où que tu sortes, si tu veux vraiment passer pour un mec à la coule, il faut monter quatre étages, et plus si affinités (4 étages qui, à 5 heures du matin, se révèlent plus difficiles à descendre qu’à monter, cela va sans dire).

Je m’explique encore plus : au premier étage, on trouve un PMU; au deuxième, une boîte reggae/punks à chien; au troisième, un restau lounge cher et chiant, mais qui à la rigueur peut être cool pourvu qu’on aime le groupe St-Germain ; enfin, au quatrième, un bar ché-bran avec des bières-que-si-t’as-pas-une grosse-migraine-après-je-m’appelle-pas-Hulk-Hogan. Et des femmes distinguées.

Je résume. Des feux de bois sur les toits avec des pêcheurs, des mouettes et des chats : après tout, ça a du bon, l’apocalypse.

PS : et sinon, il a fait beau.

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Free Mobile : que justice soit faite.

Amis guérilleros, réjouissons-nous : Free a enfin lancé sa bombe à retardement, le forfait chéri qui fait passer Xavier Niel au grade de héros national, pourfendeur geek de la veuve et de l’opprimé.

Je suis vachement bien placé pour en parler. Mon employeur m’a demandé d’étudier le cas de fond en comble depuis trois mois afin de publier un article sur le sujet le jour même du lancement du forfait, c’est-à-dire aujourd’hui. D’ailleurs l’article en question a été tellement bien préparé qu’il était un des premiers à révéler les informations sacrées sur la toile. N’eussé-je été bloqué dans un p…. de RER une bonne quarantaine de minutes, j’aurais peut-être même été neumbeurouane. Je vous laisse vous faire un avis. L’article est .

A la lecture de ce sobre papier, deux choses frappent l’oeil averti:

1. L’auteur manie les styles littéraires avec autant de dextérité que Jean-François Copé la langue de bois. Vous l’aurez compris, les exigences de vulgarisation du site pour lequel j’officie m’empêchent de côtoyer Proust, Radiguet et consorts.

2. Même avec ses tout petits prix, Xavier Niel a affirmé pouvoir faire une marge conséquente sur la vente de ses produits, ce qui nous révèle de manière flagrante à quel point les trois grands opérateurs prennent les gens pour du gloubiboulga avec leurs forfaits à 29,99€.
Le portable est devenu l’outil indispensable de l’homme moderne, convenons-en. Même ma respectée grand-mère en transporte un à longueur de journée dans son gilet en maille d’Ecosse, c’est pour dire!
Bref, il y a belle lurette que le téléphone n’est plus un gadget pour privilégié, et à ce titre, il était normal qu’on régule le prix des forfaits. Merci donc, Monsieur Niel : grâce à vous, la prise d’otage est terminée.

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Le Nouvel An de Blooby

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Le Règne du Con, épisode 2

Dans le premier épisode de la série Le Règne du Con, on avait vu pourquoi le con est fainéant, immature et pauvre, ce qui ne l’empêche pas d’être le maître du monde. Bref, quand on parle du loup, revenons à nos moutons.

Le pire de tout c’est que chez le con l’homme brillant est mal vu, lui l’arriviste reniant ses racines, l’Ulysse de la Divine Comédie, qui, du fait de sa trop grande curiosité, s’est vu condamné aux Enfers.

Et pour cause : le but implicite de la vie d’un homme un tant soit peu intelligent, c’est, je crois, de distancer le con, de s’en éloigner le plus possible pour ne pas subir son influence. Du coup le con, se sentant insulté par une sagesse qu’il ne comprend pas, rit grassement de son ignorance en compagnie d’autres cons de son espèce. Puis il change de chaîne.

L’école de la vie

J’en veux pour preuve ma propre expérience familiale.

C’était un repas du dimanche chez la sœur de ma mère. Ma tante donc. Comme prévu, ambiance beauf à souhait, Michel Drucker à fond sur l’écran déjà plat, repas interminable et bouffe mal cuite. Et ces fauteuils en cuir, bordel… Perso, tout à fait le genre de repas que j’échangerais volontiers pour un dimanche à rien foutre. J’avais quinze piges à l’époque, et déjà le sentiment âpre que quelque chose clochait dans ce monde de merde (du moins c’était Marylin Manson qui le disait).

Passons. Aujourd’hui encore, je n’arrive pas à comprendre ce qui m’est passé par la tête. Déjà qu’ouvrir la bouche dans ce genre de réception relève pour moi de l’exploit ou de l’inconscience ou les deux, mais en plus pour évoquer Louis-Ferdinand Céline ?!! En fait si, je sais pourquoi : mon grand-oncle, en face de moi, était vaguement communiste, vaguement lettré, alors j’ai dû me dire que lui il comprendrait.

« C’est comme dans Voyage au bout de la Nuit… Tu sais, l’épisode de la première guerre mondiale ? » ai-je tenté en réaction à une conversation sur les lésions de la guerre.

Et là, c’était un peu du Sergio Leone, quand le gars entre dans le saloon : les conversations merdiques se sont arrêtées, le chien moche a interrompu son léchage de cul, même Drucker a fait une pause. Alors, sur ma lancée, j’ai tenté de me rattraper, vaguement anxieux :

« Mais si, tu sais, l’épisode de la guerre… »
Mon anxiété et moi, on s’est retrouvés seuls. Jusqu’à ce que mon frère lâche un « Qui ça ? Louis-Ferdinand Céline Dion ? » retentissant et qu’éclate un long rire rocailleux, provenant de toutes les bouches à la fois et que mon grand-oncle, désireux de plaire au plus grand nombre, se marre à son tour comme une baleine, me regardant dans les yeux, tapant dans le dos de ses voisins et me dévoilant la mie de pain pré-mâchée qu’il avait coincée derrière ses dents de sagesse. Ou comment la quantité prend le pas sur la qualité…

C’est ainsi que ma première tentative d’ouverture à une bande de cons est devenue la dernière. Ce jour-là j’ai décidé de ne plus jamais ouvrir ma grande gueule en présence de ma famille et, généralement, de ne plus me pointer à ces gueuletons d’incultes.

Bref, je me plains mais y a pas que ma pauvre petite famille que ça touche, loin de là. Je suis pas du genre à pousser les portes ouvertes mais quand on voit à quel point les politiques sont incultes, que voulez-vous qu’on réclame à une pauvre ménagère dans le RER ? Frédéric Lefebvre qui confond un conte philosophique majeur avec sa boutique de fringues préférée, Sarko 1er qui traîne quotidiennement la langue de Molière dans la fange, et maintenant, maintenant quoi ? David Douillet secrétaire d’état ! Aux Zétazuni je veux bien, mais pas chez nous, meurtrière !

J’ai l’impression que les instances dirigeantes se sont mises d’accord avec les classes populaires, via TF1 et consorts, pour saper le moral des intellos, les pousser à l’irréparable et les exterminer. C’est du génocide, ça, Monsieur ! Ça leur apprendra, à ces prétentieux de savants, de vouloir s’agrandir l’âme.

Le problème c’est qu’aujourd’hui le con est devenu roi. A l’instar du fervent chrétien vénérant Jésus-Christ, l’homme a toujours aimé que son idole soit à son image. C’est plus rassurant, disons. Ainsi, aujourd’hui, grâce à toutes les nouvelles formes de divertissement pour feignasses, le con peut révérer le con. Et se prendre à rêver à accéder un jour aux hautes sphères : Secret Story et compagnie. D’ailleurs, Mickaël Vendetta ne l’a-t-il pas dit ? « Gagner La Ferme Célébrités, c’est carrément la consécration, hé hé hé… hum. » Avant c’était le Prix Nobel, maintenant c’est La Ferme Célébrités. C’est drôle comme les temps changent.

Si aujourd’hui le con occupe toutes les places importantes, à la télé comme dans les ministères, il n’a pas toujours eu voix au chapitre, à quelques exceptions près (citons entre autres Louis XVIII et Néron, qui, selon de nombreuses sources, étaient de beaux exemples de cons). En gros, il y a à peine trente ans de ça, on imposait le silence au con, on lui conseillait d’ouvrir un bouquin ou deux s’il voulait faire son trou. Sous peine d’opprobre, voire de lapidation mais faut pas exagérer.

Grands de ce monde, où êtes-vous?

Nous pouvons remercier à l’unisson les grands magnats des médias qui, sous couvert de donner à leurs grosses machines une charmante touche « lumpenprolétariat », ont fini par intrôniser le Con avec un grand C. Avant, les héros, c’était lui :

Et lui :

Des hommes du peuple, certes, mais qui ont fait leur nécessaire pour combattre leur condition d’animal rampant. A l’époque on se souvenait encore de Zola. Et aujourd’hui où sont les héros ? Les grands leaders ? Les icônes ?
Est-ce lui ?

Je crois pas. Sinon y a lui :

Jamais le con n’avait été autant démocratisé, chouchouté, recherché même, pas pour ses talents mais pour sa régularité. C’est pourquoi, bien souvent, un recruteur préférera embaucher un vrai gros con plutôt qu’un homme compétent, parce que le con ne remet pas en cause, il ne questionne pas, j’irai même jusqu’à dire qu’il ne se lasse pas. Le con est stakhanoviste, il bosse et il la ferme, et s’il faut faire des heures sup’, en voiture Simone. Un con c’est un peu comme une machine à laver moyennement performante mais qui ne s’userait jamais. Vous pouvez lui filer des sapes à laver jusqu’à la fin des temps, elle lavera toujours pareil. Finalement c’est quand même rentable, un con.

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